La franchise de « SCREAM », le plus bel hommage au Slasher jamais créé ?

screamY a-t-il un SLASHER dans la salle?

Le genre du slasher est devenu un tantinet désuet au fil des années. Malheureusement, avec la vague de reprise, refonte, suites à en plus finir, Hollywood a littéralement tordue le chiffon de l’horreur dans cette zone. Toutefois, il reste une création qui se démarque parfois du lot et nous offre un renouveau dans le genre.

Un hommage sans pareil:

Depuis les années 1990 cependant, aucune création n’a su se démarquer comme l’a fait « Scream » (Oui je sais, « Saw » est apparu et a donner un nouveau souffle, mais on y reviendra). Wes Craven nous offre en 1996 une ouverture inoubliable pour les fans d’horreur et les futurs fans d’horreur ! Drew Barrymore, qui devait prendre le rôle principal à la base, est une jeune étudiante du nom de Casey Becker. Jeune adolescente vivant dans la banlieue de Woodsboro, elle sera la deuxième victime (Et très marquante) des attaques sadiques perpétrées par celui que nous surnommerons Ghostface. Suite à un appel téléphonique montrant l’assaillant en harceleur voué à la tué, elle verra son petit ami Steve Orth (Kevin Patrick Walls) éventré « devant ses yeux », le bal est lancé !

Scream03Un classique naquit…

Wes Craven ouvrait son premier chapitre d’une nouvelle série d’horreur qui allait hanter une génération de cinéphile et allait s’encrer dans les anales du cinémas… Dans les anales jusqu’aux tripes !

Dès lors, on nous présente le premier suspect, Billy Loomis (Interprété par un jeune Skeet Ulrich) et l’héroïne de cette franchise Sydney Prescott (Neve Campbell). On nous offre plusieurs autres personnages qui complèteront à merveille cette première distribution. L’amie de Sydney, Tatum Riley (Rose McGowan), son frère député du comté de Woodsboro, Dewey Riley joué par David Arquette, le petit ami de Tatum, Stuart Macher (Matthew Lillard), une journaliste du nom de Gail weathers (Courtney Cox) et leur camarade cinéphile Randy Meeks (Jamie Kennedy) seront les suspects, les victmes, nos yeux et nos paroles. Ces acteurs et actrices bénéficieront d’un scénario complet et étanche signé Kevin Williamson et ils porteront ainsi un regard nouveau sur le genre du slasher en y faisant leur propre analyse.

C’est ainsi que « Scream » (Frissons au Québec) devient un répertoire de l’horreur par les questions posées par Ghostface à ses victimes ou tout simplement par les enquêtes via les personnages du fil, surtout par Stewart « Stu » et Randy, l’expert de service. Aussi, il ne faut pas oublier les meurtres qui sont remplis de tension au début et tente de se libérer du carcan imposer à une franchise d’horreur, surtout pour les slashers. On nous offre alors du renouveau, des personnages conscients de leur envronnement, conscient des règles entourant les meurtres et le meurtriers, et aussi jamais à l’abri d’une surprise. La finale est autant plus incroyable alors qu’on nous sert un twist intelligent, respectable et original répondant à plusieurs questions, ne nous laissant pas sur notre faim, et, malgré quand même la légèreté des raisons ayant entrainées ces événements, nous donne le goût de continuer à vivre dans l’angoisse et le suspense.

Le danger de démarrer une franchise :

Quand on entend parler de suite dans le monde de l’horreur, on s’attend malheureusement souvent à être déçu. Si l’on se fit au passé, rare sont les suites qui ont surpassés l’original. Des succès critiques comme « Halloween II » de John Carpenter qui reprenait directement l’action où elle avait terminé, ou encore « Friday The 13th: Part 2 » qui, en plus de continuer l’action, introduisait un nouvel antagoniste qui allait devenir le sceau officiel d’une franchise respectée. Que l’on caractérise une suite en se devant d’y mettre plus de meurtre, plus de gore, plus de violence, et surtout un nouveau twist, il n’es est rien sans des personnages attachants à qui se relié, ni sans une histoire toute aussi bien construite que son original. On vous présente « Scream 2 ».

Scream-2Là, il faut en mettre des vedettes et du sang!

Kevin Williamson continue une écriture tout aussi étanche dans ce deuxième opus offrant de nouveaux personnages qui alimenteront le monde de l’horreur et établiront de nouvelles règles. On peut croire que les discussions sont parfois enfantines entre des étudiants d’université, mais pour un mordu de films d’horreur, ça se veut un beau clin d’œil à l’horreur et à ses règles non-écrites qui ne demandent qu’à être transgressées parfois.

L’ouverture du film nous offre déjà un excellent tableau, et une fenêtre sur notre monde avec un couple d’amoureux (Jada Pinkett Smith et Omar Epps) assistant à la première du film « Stab », adaptation du roman de Gail Weathers sur les événements de Woodsboro, servant du même coup de pastiche au film original « Scream ». Déjà, Wes Craven en convient, son film entre dans une franchise d’horreur et peut facilement se perdre dans cette facilité qu’on les suites à tuer une franchise. Non seulement, avons-nous vent de cette adaptation, mais nous avons aussi la chance de voir un extrait de ce qui est pour nous un remake du premier « Scream ». Amusante et excellente idée, « Scream 2 » s’inscrit déjà comme un constat de ce que Hollywood peut faire de bien et de mal, plus précisément dans ce cas-ci, au niveau de l’horreur.

Les meurtres recommencent donc à cette première de film avec notre couple d’amoureux subissant la lame fatidique de Ghostface. Nous nous retrouvons par la suite à l’université Windsor, un an après les attaques de Woodsboro, alors que Sydney et Randy y étudient ensemble.

Suivant la violente attaque dans le cinéma, les rumeurs et les journalistes accablent rapidement Sydney qui se voit de nouveau pourchassé par son passé, et maintenant, celui de sa mère. Les soupçons abondent envers les nouveaux personnages, qu’on pense à ce jeune fervent admirateur de cinéma Mickey Altieri (Interprété par un jeune Timothy Olyphant), une journaliste aspirant aux grands honneurs  Debbie Salt (Laurie Metcalf), la nouvelle meilleure amie de Sydney, Hallie McDaniel (Elise Neal), un nouveau petit ami Derek Feldman (Jerry O’Connell), et un Cotton Weary (Liev Schreiber) faussement accusé du meurtre de la mère de Sydney durant le premier film, bénéficiant ici d’un plus grand rôle.

Plus on avance dans « Scream 2 », plus les scènes semblent pré-établis, les actions moins naturels, et l’intrigue moins originales, mais la force du deuxième film résident fortement dans la conscientisation des personnages à ces éléments qui paveront la voie pour la finale. C’est comme si, même si les actions et la création en son ensemble peut paraître faussée, voir tomber dans le ridicule des films d’horreur appartenant à une franchise, la distribution en est conscient et nous le démontre dans des dialogues bien construit.

Au final, nous avons droit à un duo bien ficelé ensemble qui fait dire à plusieurs que l’un ne va pas sans l’autre.

Le danger des trilogies:

Ce qui est désolant avec deux excellents épisodes dans une série de film, c’est de vouloir compléter le tout avec un troisième chapitre afin de créer une trilogie et ainsi atteindre l’apogée de ce qu’une franchise peut donner. Toutefois, malheur à ceux et celles qui tentent de recréer le succès des épisodes précédents, puisque souvent, et surtout dans l’horreur, on s’enfonce dans un tourbillon d’arrogance devenant rapidement ce qu’ils critiquaient avec ces premiers épisodes. Alors que les deux premiers films parodiaient de façon intelligente et sérieuse l’univers des slashers, « Scream 3 » devenait ce genre de film nauséeux qui frustre le spectateur plutôt que de l’angoisser. La seule force que l’on peut trouver à « Scream 3 » est sans doute d’être conscient de sa place dans la franchise, et de se dire qu’il fallait se rendre là pour pousser le constat actuel des séries de films d’horreur, et du traitement que ces derniers subissent.

Scream-3On avait pas le choix…Oops

Dès le début du film, on nous offre une scène beaucoup moins mordante que dans les deux premiers opus, présentant un personnage déjà établit dans la franchise, soit Cotton Weary (Schreiber). On comprend deux choses, Weary est devenu célèbre grâce aux événements entourant l’entité qu’est devenu Ghostface, et le tueur tente désormais de retrouver Sydney (Campbell) coûte que coûte. Après avoir passé les premières quinze minutes à regarder un jeu de survie qui servaient à donner une raison à cette suite plutôt qu’à établir un constat, on se retrouve vite en compagnie du trio original composé de Sydney, Gale, et Dewey. Toutefois, les trois ont été séparés par le temps et la tragédie qui, paradoxalement, va les réunir car, soyons réaliste, les trois n’existent pas ensemble sans Ghostface.

Si il y a bien un élément qui brise le quatrième mur (En quelque sorte) dans ce troisième film s’est bien l’endroit dans lequel se produit l’action. Nous sommes ici sur le plateau de tournage de « Stab 3 », où on ne peut s’empêcher de comparer les turbulences de ce tournage irréel avec celui du vrai tournage de « Scream 3 ». Un par un, les acteurs, (interpréter de façon peu convainquant et fatiguant par Emily Mortimer, Parker Posey, et du faux réalisateur Scott Foley) tomberont sous la lame du tueur en série. Un par un, les personnages seront des caricatures de ce que Hollywood peu bien sembler représenter pour nous, et finalement, l’échec se retrouvera dans une écriture bâclée, des incongruités, et beaucoup de twists pour rien. C’est bien l’impression que nous donne le résultat final du film, une production beaucoup moins recherchées, une finale qui étire la sauce, mais je crois, un épisode nécessaire à la franchise « parodiant » le genre du slasher, une fatigue qui se voit, on dirait, nécessaire dans le genre de l’horreur lorsque l’on avance dans une franchise de l’épouvante.

Bien sûr, il faut donner à « Scream 3 » quelques plus, soit la présence de plusieurs célébrités offrant un caméo dans ce chapitre, sans doute un hommage de leur part à une série, une trilogie qui rendait un hommage à un genre qui leur est chère. C’est Kevin Smith, Jason Mewes, Lance Henrikssen….

Un quatrième film, ou le constat d’une époque difficile:

Lorsque la production d’un quatrième film de la série « Scream » à débutée, ce fût, non pas, sans problème. Le projet est tombé à l’eau, est revenu à la vie, on croyait le faire sans la présence de l’actrice principale, puis, par la suite, sans la présence du trio d’origine, pour finalement, voir la bande retourner sous les caméras pour une toute nouvelle génération.

Scream 4Nouvelle génération, nouveaux problèmes, le meurtre reste indémodable…

Kevin Williamson revient aussi à l’écriture dans la franchise, et Wes Craven réalise ce qui aurait dû être le début d’une nouvelle trilogie pour une nouvelle bande de jeunes adolescents contemporains inconscients des règles du cinéma d’horreur se présentant dans leur réalité.

Bien que la réception du public fût plutôt froide, sans doute dû ici à l’insensibilité de cette nouvelle génération face à l’horreur des slashers, le quatrième film réussit là où son prédécesseur avait échoué. Il rend hommage de façon intelligente et contemporaine au genre de l’horreur, fait référence aux nouvelles règles du genre, à la folie des suites, des remakes, des refontes, et propose un constat sur la production cinématographique d’aujourd’hui qui se voit congestionnée le manque d’originalité par rapport aux idées originales. De plus, le scénaristes nous donne de nouveaux personnages beaucoup plus intéressants, des situations plus crédibles et propose aussi une réflexion sur le vedettariat instantané causé par les nouveaux médias.

Aujourd’hui, on nous explique qu’il faut marquer l’époque coûte que coûte pour être célèbre, et les antagonistes de ce quatrième épisode le feront de façon flamboyante. C’est donc dire que le réalisateur et le scénariste mettent les tueurs en séries, ou les survivants de certains événements marquants, dans le même panier que les célébrité, démontrant que n’importe qui peut voguer sur une vague de popularité, et ce très longtemps, si on sait comment l’exploiter au maximum.

C’est donc un film beaucoup plus profond et conséquent de la génération qu’il tente de refléter tout en passant le flambeau d’une génération passé tentant de s’adapter (Le trio original). Avec des meurtres tout aussi sanglant, « Scream 4 » ou « Scre4m » à toutefois un défaut, celui d’être tombé sous le couperet de la régie avec une côte de 16 ans et plus qui ressemble davantage à du 13 ans et plus. Mais bon, il fallait respecter la série et continuer dans la même veine.

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Au final:

Quatre film en près de 15 ans, une pause de près de 11 ans entre le troisième film et le quatrième, une distribution toujours préparée à reprendre du service pour un cinquième et un sixième film, alors que Kevin Williamson serait déjà signé pour l’écriture du cinquième. Wes Craven s’est dit prêt à continuer si la franchise reprend avec les éléments de base, et ainsi poursuivrait la nouvelle trilogie.

Là où réside la force de « Scream » est certainement dans cette auto-dérision mature et sérieuse. Que ce soit dans un premier film avec la présence des règles de l’horreur et l’établissement des facteurs pouvant nous aider à connaître l’identité du tueur, dans un deuxième film poussant la norme en nous montrant un film dans un film, un troisème épisode plus maladroit montrant l’envers du décor, ou encore un quatrième film qui dans ces propos, ce voit lui-même l’exemple typique des suites et des refontes dans le cinéma d’horreur surtout, « Scream » reste le dernier bastion au niveau du slasher contemporain.

En terme d’originalité, « Scream » fût un vent de fraîcheur qui est apparu dans les années 1990, mais qui frappa un mur en 2011. Alors que les « Saw » (Slasher beaucoup plus gore, voir pratiquement un torture porn), les « Paranormal Activity » et autres films de phénomènes paranormaux ou de hantise, ou encore de survies, le slasher s’est malheureusement vu représenté que par des remake et des refontes plus souvent insipides qu’à leur tour. Oui, il y a les « Hatchet » qui offrent un nouveau souffle, mais jamais aussi imposant et hommageux que l’a été « Scream ».

Qui d’autres que l’un des instigateurs du genre pour rendre hommage au « Friday The 13th », « Halloween », « Black Christmas », et le bébé de Craven, « Nightmare on Elm Street ». Espérons que le futur nous offrira de nouveaux monstres de l’épouvantes aussi marquant que l’a été Ghostface.

Scream5LogoOui, c’est déjà écrit…

Wes Craven avait déjà mentionné vouloir revenir pour deux autres épisodes, vouant ainsi compléter sa trilogie nouvelle ère, nouvelle génération. Toutefois, le succès commercial moyen du film (Environ $90 millions au box-office global) aura le dessus sur ses ambitions. Toutefois, Kevin Williamson avait été engagé à l’époque pour écrire les scénarios, avouant avoir compléter le cinquième opus. Allons-nous avoir le droit à notre trilogie pour cette génération assoiffée de sang?

Scream_6Tout est possible…

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