« AVENGERS: AGE OF ULTRON »: Frôler la perfection ou le syndrome de la suite d’un succès !

avengers

Titre: Avengers: Age Of Ultron
Réalisateur: Joss Whedon
Scénariste: Joss Whedon
Distribution: Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, James Spader, Samuel L. Jackson, Don Cheadle, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Cobie Smulders, Anthony Mackie, Hayley Atwell, Idris Elba, Stellan Skarsgård, Claudia Kim, Thomas Kretschmann, Andy Serkis, Julie Delpy, Stan Lee.
Durée: 142 minutes

Quand vous entrez dans une séance pour voir un film de super-héros comme « Avengers: Age of Ultron », on est souvent anxieux et excité. C’est la suite d’un film très apprécié, l’un des plus grand succès de tous les temps, et c’est souvent très difficile de se distancer et d’être clairement meilleur, voir suprérieur à son prédécesseur. Les bande-annonces nous montraient des tonnes de vilains, des super-héros à n’en plus finir, et que 140 minutes pour tout mettre en scène avant la venue de « Captain America: Civil War » et « Avengers: Infinity War ». Il est certains que l’univers cinématographique de Marvel bénéficie de plusieurs projets solos pouvant aller boucher des trous et expliquer certains éléments, mais avec autant de personnages dans un même film, même Joss Whedon ne semblait pas de taille pour gérer tout ça (Lui-même affirmait qu’il avait refusé la réalisation de « Infinity War » parce que ça devenait trop gros). Heureusement, il ne fallait pas trop s’en faire, « Age of Ultron » est très chargé, mais le charge avec brio.

On ne perd pas de temps dans « Age Of Ultron », nous débutons l’action là où elle avait été laissée comme si nos héros se rencontraient une fois par mois pour faire équipe et combattre le crime. La bande s’attaque à une forteresse de HYDRA qui contiendrait le sceptre de Loki. On apprend ensuite que l’équipe — Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow, et Hawkeye — travaillent ensemble depuis quelques temps pour détruire les restants de HYDRA, et la séquence démontre que cette équipe est très compétente et efficiente. On peut y voir des scènes où Thor et Captain America ont développés une très amusante chimie avec leurs armes, et des façons de combattre très originales. Ils arrivent à la rencontre du Baron Von Strucker (Thomas Kretschmann) qui hésite à utiliser ses armes secrètes, Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) et Quicksilver (Aaron Taylor-Johnson). Alors que notre premier vilain ne fera pas long feu, nous avons Scarlet Wicth qui utilise sa magie sur Tony Stark (Robert Downey Jr.), lui montrant une vision de ses peurs du passé et d’un possible futur apocalyptique. C’est ce même état d’esprit qui donnait vie à sa paranoïa dans « Iron Man 3 » qui donnera maintenant vie à Ultron.

Lorsque l’on voit les vilains Ulysses Klaw (Andy Serkis – Un avant-goût d’un vilain principal pour Black Panther?) ou Baron von Strucker, on pouvait croire qu’ils allaient être les vilains principaux de cette aventure ou prendre de la place, mais Ultron est vraiment le seul vilain dans cette histoire effrénée. Puisqu’il est le personnage le plus populaire de la série, « Age Of Ultron » sert à Tony Stark pour comprendre sa psychologie et continuer son histoire. Alors que S.H.I.E.L.D. est maintenant hors du portrait (Il n’y a pas vraiment de mention de Coulson), les Avengers sont soutenus par Stark Industries, ce qui ajoute au poids du monde sur les épaules de Stark en matière de sécurité nationale, et internationale. Ultron est donc créé pour enlever ce poids, mais il est conçu avec la peur. Suivant les événements de la Phase 2, « Age of Ultron » continu d’explorer la sombre aventure de nos héros, alors que tout semble devenir de plus en plus noir. Avec en tête que « Civil War » est la prochaine étape de cette saga, c’est bien sûr inévitable d’entreprendre cette descente. Toutefois, on pourrait facilement être fatigué de ces thèmes, et vouloir un peu plus la légèreté qu’offrait « Marvel’s The Avengers ».

Pour ce qui est de Ultron, il n’y a rien à dire de négatif, il est l’anti-héro par excellence, le vilain que les Avengers se devaient d’affronter pour pouvoir faire face à l’éventuelle « Infinity War », du moins, le héros le plus terre à terre qu’ils auraient pu avoir avant de tomber dans le possible cosmique. James Spader offre une voix et une gestuelle excellentes à ce méchant intellectuel, posé, qui ne tente que de survivre et de faire tout en son possible pour protéger ce qui doit être préserver. On sent la supérioté et la prestance que Spader nous a déjà démontré à travers Ultron. Cette entité ne veut pas tuer les gens, mais est l’incarnation de l’analogie de la loi du plus fort, alors qu’il ne peut rien y faire si l’humain est trop faible pour survivre, c’est l’évolution. Ultron pourrait être perçu comme le côté sombre de Tony Stark, alors que, par la suite, nous avons l’arrivée de Vision (Paul Bettany) qui apporte une excellente balance avec encore une fois un très bon choix au niveau de l’acteur. De dire comment Vision arrive à naître serait de trop en dire, autant pour Ultron que pour ce nouvel héro dans l’univers cinématographique de Marvel. Une chose est certaine, Marvel savait ce qu’ils faisaient quand ils ont signé Bettany pour plusieurs films il y a déjà plusieurs années. Vision utilise sa parole comme une arme, et le fait avec brio. À la manhière des grands auteurs anglais, pour ne pas dire Shakespeare, Bettany livre chacune des lignes avec élégance et assurance. Spader et Bettany s’échangent parfaitement, se complètent très bien, et offrent une compréhension et une incompatibilité qui se marient bien. Sans doute l’une des meilleures choses dans le film.

Il ne faut tout de même pas croire que « Age of Ultron » n’est pas amusant. De voir cette équipe agir avec autant de complicité et de camaraderie est sans doute très excitant pour n’importe lequel des fans de l’univers ou même pour tout amateur de bon divertissement. Par exemple, Captain America se verra la proie d’une blague qui le suivra tout le long du film comme dans la vie de tous les jours. On sent que ce groupe s’adore malgré l’apparition de différents plus tangibles dans ce deuxième volet qui se veut sans doute nécessaire pour les choses à venir. Pour ce qui est des acteurs, Downey Jr, Chris Evans, Chris Hemsworth, et Scarlett Johansson sont clairement devenus ces personnages, et il n’y pas de doute sur la familiarité qui habite chacun avec leur alter ego. Jeremy Renner offre un côté très terre à terre à cette équipe, alors qu’on le suit dans son quotidien, ce qui nous donne un beau contraste entre les « super » héros et les super-héros. Du côté de Mark Ruffalo, on a le droit à son introspection et à sa complexe relation avec le Hulk qui est largement teintée par la présence de Black Widow. Son moment final est aussi une affirmation de l’incompréhension des combats intérieurs de ce personnage par le reste de l’équipe. L’histoire est très équilibrée et se veut beaucoup moins dépendante de l’action pour avancer. Stark est clairement devenu un scientifique paranoïaque dans ce film et c’est joué par un Downey Jr. très naturel qui pavait la voie depuis cinq films. L’arrivée des jumeaux Maximoff aurait pu sembler quelque chose de complexe et lourd à supporter, mais encore une fois nécessaire pour la suite des choses, et surtout pour le choix de l’endroit de dévastation, Sokovia. Scarlet Witch et Quicksilver offre une vision extérieur de cette équipe, nous font comprendre leur nécessité, et on ne peut clairement pas passer sous silence la référence avec les conflits actuels, mais plus directement relié à l’univers cinématographique de Marvel, à l’utilité qu’aura Scarlet Witch dans le futur. D’avoir choisi une région fictive appartenant à l’univers de Marvel pour entreprendre cette bataille dévastatrice est clairement de vouloir laisser un répit à New York, mais aussi de nous ramener en Europe de l’Est afin d’y montrer une guerre qui se gagne avec l’alliance, des propos politiques peut-être sur lesquels nous ne tarderons pas.

Le scénario coule aisément sous la direction de Whedon qui a donner du temps à chacun des personnages tout en reliant chacun d’eux à l’action principal. Il est certains qu’avec seulement 140 minutes, il est de ces choses qui doivent être mises de côtés ou moins exploitée, mais c’est normal j’imagine. La confrontation entre le Hulk vs. le Hulkbuster est un bijou pour les yeux, mais en même temps rappelle les scènes de destructions des « Transformers » en présentant la destruction à l’avant-plan et oubliant un peu les répercussions. De là sans doute le choix d’être dans un autre pays où la destruction pourrait faire partie du quotidien. Aussi désolant, cette scène provoquant une certaine rage au sein du groupe est vite oubliée et semble tout simplement anodine par la suite comme on traite souvent le personnage de Hulk, une force de la nature incontrôlable qu’on laisse seul supporter son fardeau. La scène qui s’ensuit, la plus émotionnelle du film après tous ces affrontements, aurait pu bénéficier de l’apport de plusieurs personnages.

Il reste que pour ma part, ce deuxième chapitre est un divertissement d’action sans arrêt qui offre des moments d’amusements fraternels dans ces instants plus calmes. Le premier film offrait tout ça avec plus de souffle et d’espace, et beaucoup plus de couleurs et de folie. Cette fois-ci nous sommes davantage dans du sérieux ce qui n’est pas mauvais, mais qui doit être mastiquer quelques fois avant d’avaler puisqu’il y a énormément de référents et de possibilités suites à « Age Of Ultron ». Je ne crois pas que l’on puisse être déçu en sortant de ce chapitre de la saga Marvel et il est certains que les choses vont changés par la suite afin de les rendre beaucoup plus cosmiques, ce qui n’est certainement pas une mauvaise chose 😉 .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *