FANTASIA 2015: « GANGNAM BLUES » où le travaille d’acteur prend tout son sens!

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Titre: Gangnam Blues ( Gangnam 1970 ) Action/Drame – Corée du Sud, 2015
Réalisateur : Yoo Ha (A Dirty Carnival – 2006, Morsures – 2012)
Scénario : Yoo Ha
Interprètes : Lee Min-ho (Our School E.T – 2008, City Hunter – série télé 2011), Kim Rae-won (Insadong Scandal – 2009, A Thousand Day’s Promise – 2011), Jung Jin-young (King and The Clown – 2005, The Case of Itaewon Homicide – 2009, Ode to My Father – 2014)

Neuf ans après l’électrique ‘A Dirty Carnival’, Yoo Ha effectue un retour aux films de gangsters avec « Gangnam Blues » (Gangnam 1970 en Corée du Sud).

Au début des années soixante-dix, le bidonville Gangnam est convoité par deux politiciens corrompus qui se livrent une sanglante guerre pour le développement immobilier de ce quartier de Séoul qui abrite entres autres Jong Dae (Lee Min-ho) et Yong-gi (Kim Rae-won) qui se connaissent depuis l’orphelinat. Leur situation s’aggrave quand ils se font évincés de leur cabane. Sans toit et sans argent, il acceptent de se joindre à Kang (Jung Jin-young) pour aller faire de la casse dans un rassemblement politique. Dans ce chaos, les deux frères seront séparés. Jong Dae deviendra le fils adoptif de Kang qui quittera son clan pour mener une vie décente et Yong-gi maintenant membre d’une bande rivale, aura de plus grandes ambitions.

Le sujet du film n’est rien de nouveau, c’est plutôt comment Yoo aborde ici ses personnages avec un humanisme profond qui m’a fait sourcillé, ce qui est plutôt inhabituel dans ce genre cinématographique. La trame sonore avec ses morceaux bien choisis accompagne magnifiquement la direction photo qui peut évoquée à la fois les envoûtants imaginaires de Wong Kar Wai et Nicolas Winding Refn. Les références à Chang Cheh sont très présentes. D’abord, le traitement (l’affection très sentie entre nos deux protagonistes) dans le premier tiers du film du duo Lee et Kim n’est pas sans rappeler celui des légendaires David Chiang et Ti lung et qui dit Chang Cheh, dit affrontements barbares (chorégraphiés avec soin) mettants en scène de nombreux jeunes hommes.

La qualité du montage fait en sorte qu’après cent-trente cinq minutes, j’avais l’impression d’en avoir passé quatre-vingt dix dans la salle.

Principalement en vedette à la télévision jusqu’en 2011 et chanteurs à ses heures. C’est un baptême au cinéma pour Lee Min-ho qui offre une solide et charismatique performance dans un premier rôle qui demande une panoplie d’émotions et une indéfectible présence physique. Autrement dit, tout ce qu’on retrouve chez Ryan Gosling, Tom Hardy et Jake Gyllenhaal. Jung Jin young crève l’écran et crée avec son jeune partenaire une touchante relation père-fils.

Cela fait une bonne quinzaine d’années que les Sud-Coréens sont les maitres incontestés du film noir. On n’a qu’à penser à Old Boy de Park Chan wook, Memories of Murder et Mother de Bong Joon-ho, A Bittersweet Life de Kim Jee-woon et maintenant « Gangnam Blues ».

Dommage que la plupart de ces films soient rarement distribués chez nous.

Merci Fantasia !

Grig