FANTASIA 2015: « CUB » frappe fort !

cub

Titre : Cub (Horreur – Belgique, 2015)
Réalisateur : Jonas Govaerts
Scénario : Jonas Govaerts et Roel Mondelaers
Interprètes : Maurice Luijten (The Gift-court métrage, 2013), Stef Aerts (Oxygen, 2010), Titus De Voogt (Steve + Sky, 2004), Evelien Bosmans (Marina, 2013)

Sam (Maurice Luijten qui ressemble à s’y méprendre au jeune River Phoenix), est un garçon de douze ans avec un trouble post traumatique est envoyé par sa mère chez les scouts pour un deuxième été. Il est le plus sensible de la bande et donc la tête de turque de tous y compris Baloo (Stef Aerts) le bras droit du chef, qui va même jusqu’à encourager les autres enfants, tandis qu’Akela , le chef (Titus De Voogt) et la cuisinière Jasmijn (Evelien Bosmans) qui est l’objet de désir du camp démontrent plus de bienveillance à son égard.

Après un entretien plutôt musclé avec deux jeunes Français affligés de ridicules tracksuits et forcés d’aller établir leur camp un peu plus loin dans les bois, Akela appelle la police. L’agent Franju (Jean-Michel Balthazar, vétéran chez les frères Dardenne) qui arrive sur les lieux à bord de sa mobylette beaucoup trop petite pour lui, les mets en garde. Ce coin est hanté par les fantômes d’ouvriers qui se sont pendus après que l’usine de fabrication d’autobus ait fermée. Sans parler du mythe de la légende urbaine, Kai, créature mi-homme, mi-bête que Sam verra dans la tente des scouts pendant la première nuit passé au camp. Le matin venu, personne ne croit à cette histoire. Harcelé encore plus, Sam s’isole et crée un lien avec Kai.

Depuis le visionnement de la bande-annonce il y a quelques mois, j’attendais « Cub » et je n’ai pas été déçu.

Jonas Govaerts est visiblement friand d’histoire du cinéma d’horreur. Les références sont nombreuses mais subtiles. Le policier Franju qui porte le nom du réalisateur Français qui a entres autres réalisé ‘Les Yeux Sans Visage’. Zoltan,le chien de Baloo qui est le nom du chien vampire du film du même titre. La captivante musique de Steve Moore qui rappelle John Carpenter et ‘Goblin’ (Dario Argento).

La force de « Cub » est qu’il est à la fois hypnotisant et très brutal comme un serpent à sonnettes. Des scènes imbibées de tension servies par la superbe direction photo de Nicolas Karakatsanis (The Drop) précèdent de féroces confrontations, le tout tissé par le monteur Maarten Jansens.

En souhaitant que Govaerts continue de s’entourer de la même équipe, qui fait en sorte que les faiblesses de l’intrigue comme par exemple l’intense agressivité inexpliquée de Baloo à l’endroit de Sam, la vélocité de la dégringolade du personnage et l’incompréhensible relation entre Kai et le tueur qui élabore d’ingénieux pièges ne fasse pas ombrage à toute la bonne volonté mise dans ce projet. J’ai oublié de mentionner, l’acharnement à faire passer les français pour des demeurés… Je l’ai trouvé drôle.

Malgré un personnage qui manque de développement, Maurice Luijten offre une solide performance et nous fait ressentir beaucoup avec très peu de dialogue. Les autres jeunes comédiens qui incarnent la bande de scouts sont également très justes. On se doute bien du destin des rôles d’adultes, donc à la limite on s’en fout.

Après une scène de cruauté animale qui aurait pu être suggérée. On est témoin d’un moment très Rambo opéré par un des scouts dans le point tournant du l’histoire. Nous chavirerons par la suite dans le monde surréalistes de certains tueurs en séries bien connus et aussi le derniers tiers particulièrement violents et confus du film.

Le malaise que j’ai déjà connu eu en regardant ‘Cannibal Holocaust’, ‘Martyrs’ et ‘The Hills Have Eyes’ (version Aja) est revenu en courant et s’est fondu sur moi.

Coeur sensibles, dépêchez-vous !