FANTASIA 2015: Une pièce maîtresse du festival Fanatasia, « BATTLE WITHOUT HONOR AND HUMANITY » éblouit

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Titre : Battle Without Honor And Humanity (Yakuzas – Japon, 1973)
Réalisateur : Kinji Fukasaku (Black Lizard-1968, Message From Space-1978, House On Fire-1986, Battle Royale-2000)
Interprètes : Bunta Sugawara (Meju-1960, Dynamite Don don-1978, My Phoenix-1989, Spirited Away-2001), Hiroki Matsukata (Bakuto-1964, Tokyo, Seoul, Bangkok-1973, Sensei-1989, Ichi-2008), Nobuo Kaneko (Ikiru-1952, Keiken-1970, Shogun-1980, Gojira-1984)

Kinji Fukasaku est un des plus grands et plus importants réalisateurs de l’histoire du cinéma. Un artiste intègre jusqu’à sa mort en 2003, il a révolutionné le septième art par son approche originale qui, par la force des choses, est devenue sa marque de commerce. Touche à tout, il à fait des comédies, des films de gangsters et de la science-fiction. Transformant le chaos en art, il était à la fois, homme de son temps et prophétique en brisant les tabous de la société Japonaise.

Premier volet de la série ‘Yakuza Papers’ l’histoire de « Battle Wihout Honor and Humanity » se passe après le bombardement d’Hiroshima jusqu’à la réindustrialisation de Tokyo pendant la guerre de Corée, soit de 1946 à 1956.

Ex-soldat Shozo Hirono (Bunta Sagawara) fait quelques mois de prison pour avoir vengé son ami Yagmata qui est membre de la famille Yamamori, un clan Yakuza. Il partage sa cellule avec Wakasugi, un membre de la famille Doi avec lequel il devient frère de sang. Attendu à sa sortie de prison par le ‘Boss’ du clan Yamamori (vicieux Nobuo Kaneko), il se voit offrir une place dans leur famille. Wakasugi trahira Doi pour se joindre à eux. Le traffic de drogue mis sur pied par Sakai (Hiroki Matsukata) et supporté par Yamamori sera le début d’une guerre de pouvoir et de la voie sans code d’honneur.

Dans les cinq premières minutes on assiste à une tentative de viol par deux G.I‘s américains sur une japonaise, le démembrement de deux bras et un meurtre par balles (High Plains Drifter de Clint Eastwood, sorti la même année, débute de façon semblable), effet coup de poing. Non seulement Fukasaku ne nous lâchera pas avant la fin du film, complètement plongés dans son monde avec la caméra à main nerveuse et envoûtante de Sadaji Yoshida, mais aussi avons-nous le sentiment d’être un participant actif dans son oeuvre sauvage et stylisée. La musique est excellente et parfaitement utilisée. Tarantino claironne depuis des lunes l’influence qu’a eu le maître sur lui. En regardant le film, on saisit qu’il en comprend évidemment très bien les effets, le mécanisme un peu moins. Le cadrage des plans est singulier, le montage tout simplement électrisant et la direction artistique impeccable. Les images restent imprégnées dans l’esprit un bon moment après la projection. L’histoire bien ficelée est loin d’être banale et conventionnelle. Ici, n’importe quel protagoniste peu disparaître du décor, ce qui peut être déroutant (ce qui a été mon cas) pour un public occidental.

Du très grand cinéma, rien de moins. Je trouve que moi et la poignée de spectateurs avons été très privilégiés de pouvoir regarder la version restaurée de ce monument qu’est « Battle Without Honor and Humanity ».

Ici, les comédiens avec leurs gueules pas possibles sont tous très forts et incarnent des personnages ultra cool pour la plupart sans jamais rien forcer, un art qui s’est perdu depuis belle lurette. Cela en dit beaucoup encore une fois sur le metteur en scène, sa vision et son intention.

Comme un grand chef-d’orchestre, Fukasaku maitrise à la perfection son sujet et sa forme. Je salive presque à l’idée de découvrir le reste de la série Yakuza Papers et de son oeuvre complète.

Mon film préféré du festival jusqu’à maintenant.

Merci Fantasia !