FANTASIA 2015: « WE ARE STILL HERE » fait sentir sa présence!

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Titre : We Are Still Here (Horreur, États-Unis-2015)
Réalisateur : Ted Geoghegan
Scénario : Ted Geoghegan et Richard Griffin
Interprètes : Barbara Crampton (Re-Animator-1985, Robot Wars-1993, You’re Next-2011), Andrew Sensenig (I Love You Philip Morris-2009, Upstream Color-2013, The Last Exorcism-2013), Larry Fessenden (Broken Flowers-2005, Stakeland-2010, Hellbenders-2012), Lisa Marie (Ed Wood-1993, Mars Attacks !-1996, Sleepy Hollow-1999)

Nous sommes en 1979, Paul et Anne Sacchetti (Andrew Sensenig et Barbara Crampton) sont en deuil de Bobby, leur garçon qui s’est tué dans un accident de la route. Pour donner un nouveau sens à leur vie, ils déménagent en Nouvelle-Angleterre dans une maison centenaire reculée de tout. En s’installant, Anne entend du bruit dans le sous-sol et y trouvera la balle de baseball de son fils tout en sentant une présence derrière elle. Elle se demande si l’esprit de Bobby ne serait pas avec eux dans la maison. Dave et Cat, leurs voisins étranges qui habitent à quelques kilomètres passent pour leur souhaiter la bienvenue. Pendant leur entretien, Anne et Paul apprendront que cette maison appartenait au Dagmar, une famille d’embaumeurs qui a été châtié par les villageois après que ceux-ci aient découverts qu’ils brûlaient des cercueils vides et vendaient les corps des défunts. En quittant, Cat laisse discrètement un billet dans la main de Anne. Sur le billet il est écrit ‘partez maintenant, la maison a besoin d’une famille’. Surviendra d’autres évènements comme l’électricien qui se fera blesser par une entité dans le sous-sol. Anne fait appel à un couple d’amis, Jacob (Larry Fessenden) un nouvel âgeux qui fume du pot et sa femme Mary (Lisa Marie) qui est médium et qui serait en mesure de contacter le ou les esprits qui habitent la maison.

D’entrée de jeu, le directeur photo Karim Hussain nous enveloppe subtilement dans son blanc et gris paysage hivernal et on est forcé de constater que nous entrons dans un monde insolite. Un microcosme comme on retrouve dans ‘L’au Delà’, ‘Frayeurs’ et ‘La Maison Près du Cimetière’ de Lucio Fulci, trilogie charnière du Maestro sur laquelle « We Are Still Here » est basé. Le ton est donné.

La réalisation est sobre et très respectueuse du genre. De son propre aveu, le réalisateur Ted Geoghegan, a grandi sur les bandes horrifiques de Fulci et Bava fils et autres films bizarres de la fin des années soixante-dix. Les acteurs bien choisis, font également preuve du même respect pour ce cinéma, ce qui est, faut le dire, rarement le cas. Tout particulièrement Larry Fessenden qui est aussi scénariste, réalisateur et producteur depuis plusieurs années joue Jacob avec plaisir et conviction particulièrement pendant la scène où lui et Paul tentent de savoir à l’aide d’une séance si s’est bien l’esprit de Bobby qui erre dans la maison. Ce qui sera une grave erreur de jugement. On ne peut en dire autant de Lisa Marie qui est carrément nulle et qui a l’air de se demander qu’est-ce qu’elle fait là. Elle doit s’ennuyer des grosses productions de son ex-conjoint, Tim Burton. Un peu de coaching et apprendre à jouer avec des partenaires serait essentiel dans son cas. Barbara Crampton et Andrew Sensenig sont justes ce qu’il faut et Monte Arkham, qui incarne Dave, est aussi inquiétant que les hostiles esprits qui hantent les lieux

Suivant un scénario un peu plus complexe qu’on pourrait le soupçonné, le réalisateur instaure savamment une tension qui règnera tout au long du film accompagnée d’une trame musicale très appropriée rappelant évidemment Fabio Frizzi, compositeur de musique de certains films de Fulci. Les costumes et la direction artistique n’ont pas de difficulté à nous plonger en 1979. La subtilité de l’utilisation des effets spéciaux par ordinateur est propice et très appréciée. Avec peu, mais d’ingénieux moyens, on a aussi su créer de terrifiants démons qui font penser par leur façon d’agir à ceux qu’on voient dans ‘Frayeurs’.

Démons qui d’ailleurs défendront ardemment leur maison contre les villageois qui en ont assez de leur sacrifier des familles au trente ans. Ce dernier acte est sanglant à souhait et complètement débile. On a droit à une fin ouverte sur laquelle on peut débattre pendants des heures autour de quelques pintes de bière, ce que j’ai trouvé brillant et m’a énormément plu. J’ai pensé au final de ‘La Maison Au Fenêtres qui Rient’. Un grand hommage je vous dis.

Qui dit hommage dit plusieurs clins d’oeils. Entre autres les noms de quelques personnages, Dagmar Lassander qui était une actrice des années soixante et soixante-dix. Dardano Sacchetti, le plus prolifique scénariste d’épouvante à l’italienne et Bobby qui est le personnage principal de ‘La Maison Près du Cimetière’.

En espérant que les spectateurs moins familier avec Fulci ont eu autant de plaisir que moi.

Merci Maestro Fulci et merci Fantasia !

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