FANTASIA 2015: « SUNRISE », loin de la lumière, encré dans l’émotion!

sunrise

Titre : Sunrise (Thriller – Inde/France, 2015)
Réalisateur : Partho Sen-Gupta (Hava Aney Dey – 2004)
Interprètes : Adil Hussain (In Othello – 2003, Gangor – 2010, Life of Pi – 2012), Tannishta Chatterjee (Bibar – 2006, The White Elephant – 2009, Siddarth – 2013)

À Mumbaii il y a six ans, Aruna, la jeune fille de Joshi et de Leela a été kidnappée à la sortie de l’école. Leela est dans un constant état de choc et de dénie, Joshi, Inspecteur de police, est toujours à la recherche de pistes qui pourrait le mener à leur fille. Il rêve de façon récurrente à l’ombre d’un homme qu’il soupçonne être le kidnappeur et le poursuit sans jamais pouvoir mettre la main dessus et abouti toujours au même bar, l’envoutant et inquiétant Paradise. Établissement fréquenté par des hommes qui préfèrent les jeunes filles. Jeunes filles qui ont étés vendus ou fauchées et qui sont maintenant forcées de danser.

Le film ouvre sur un magnifique plan ensoleillé dans lequel on voit Joshi (Hussain) assis par terre dans son salon et tenant dans ses mains une toute petite Aruna bébé. Rarement vu un moment aussi touchant dernièrement. Si le film s’appelle « Sunrise », nous sommes plutôt dans un univers glauque et sombre. La lumière ne se repointera le nez que dans le dernier acte du film. Le Mumbai de Joshi est l’exact opposé de celui de Singham, qui est gomme balloune et chanté. Ici, la nuit est constante et la pluie est torrentielle. Rien de linéaire, nous nageons dans l’onirisme. L’utilisation des ombres, d’un éclairage tantôt terreux tantôt feutré, brouille l’esprit. Brillant parallèle de la hantise, la peine et l’espoir d’un couple brisé par la perte de leur enfant.

Loin d’être simple, cette intrigue est magistralement porté par Adil Hussain qui avec très peu de mots nous fait ressentir énormément d’émotions, la force de l’oeuvre, c’est lui. Réalisé de façon singulière, main dans la main avec le scénario. Somptueuse direction artistique qui peut évoquer le beau ‘Only God Forgives’ de Nicolas Winding Refn. Les morceaux electro-ambiants forts bien sélectionnés ajoutent considérablement à ce type d’univers déviant. Autant que « Goblin » dans certains Argento. Tout un procédé qui marque l’âme, rien de moins.

J’ai vu « Sunrise » à la dernière minute et j’en suis très reconnaissant. Oeuvre charnière pour le cinéphile que je suis. Pas besoin de vous dire que c’est un de mes films préféré en 2015. À voir !

Merci Fantasia !

– Grig –

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