FANTASIA 2016: « THE EYES OF MY MOTHER » ou un beau travail sans pouls !

Mother

The Eyes of my Mother

Réalisation : Nicolas Pesce
Scénario : Nicolas Pesce
Interprètes : Kika Magalhães, Will Brill, Paul Nazak, Flora Diaz, Clara Wong
Durée : 77 minutes
Pays : États-Unis

Histoire d’horreur à la Psycho, sans voler très haut pour le genre. Francisca, enfant (5-6 ans) voit sa mère se faire tuer devant ses yeux (Funny Games style). C’est pas rien. Avant de mourir, on comprend que sa mère a bien pris le temps de lui léguer sa passion pour la biologie, la dissection des corps et la complexité de l’oeil humain. Informations très scientifiques que la jeune fille a évidemment su assimiler, malgré son très jeune âge, pour la mettre en pratique. Coup de théâtre, le meurtrier capturé par un père sans réel émotion après la mort de sa moitié, se retrouvera lié à des chaînes, condamné à une vie de détenu, nouveau jouet/compagnon de vie pour Francisca. Les années passent et la psychose se développe chez l’enfant, maintenant devenu femme. Un combat psychologique s’impose : le désir du rapprochement vs celui de détruire. Elle ne peut s’empêcher de tuer tout les gens qui s’approchent d’elle, mais non pas sans pleurer le ou la défunt à grand coup de chagrin une fois la solitude retrouvée. Dans un de ses délires, la vie lui fera « cadeau » d’un poupon qu’elle se permettra de kidnapper devant les yeux de la mère horrifiés. Mais comme tout secret ne peut finir par être éternellement gardé…

Un premier film pour Nicolas Pesce. Rien pour s’affoler, mais le résultat aurait pu être pire. Une esthétique en noir et blanc assez bien travaillée qui se fond avec l’austérité général ambiant. Un jeu inégale de l’actrice principale, Kika Magalhaes, qui tend à jouer la psychose comme on s’attend à voir quelqu’un jouer la psychose de manière exagérée – yeux trop grands ouverts, cou qui s’étire constamment sans raison, mouvements du corps trop chorégraphiés. Pas vraiment de gore à l’écran, les scènes de violences sont évitées, quelques scènes d’aiguille sous peau pour une légère nausée.

Un rythme sans réel pulsion au niveau de la narration. Le temps ne se fait pas ressentir. Y a un peu cette idée de ne pas laisser paraître le temps qui s’écoule en usant d’ellipses où rien de bouge, les décors restent les mêmes, tout comme les vêtements qui ne semblent jamais s’user, la télévision diffuse les même programmes et même Francisca ne semble pas vieillir. Le temps s’est arrêté quand la mère a quitté. La dissection des corps comme hommage au travail de cette même mère avec la constante manie de retirer les yeux de ses victimes pour les recoudre sur eux-mêmes. Tout tourne autour de la mère (c’est même écrit dans le titre du film tsé). Francisca se fait une vie imaginée à travers les yeux de sa mère qu’elle n’a plus, toujours à la recherche d’un vide qu’elle ne comprend fuck all comment combler.

Histoire d’un personnage qui se cherche à travers ses traumatismes et qui ne comprends pas la vivacité de ses émotions dans un exercise de style très peu stimulant. Je ne le recommande pas trop, mais en même pas pourquoi pas?

– Dustin Ariel Segura Suarez –

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