FANTASIA 2016: THE BACCHUS LADY – les tristes couches de la vie

The Bacchus Lady

So-young (Youn Yuh-jung) takes her friends on a day trip to the Demilitarized Zone in this scene from the Korean film The Bacchus Lady.

So-young (Youn Yuh-jung) takes her friends on a day trip to the Demilitarized Zone in this scene from the Korean film The Bacchus Lady.

Réalisation : E J-yong
Scénario : E J-yong
Interprètes : Youn Yuh-jung, Chon Moo-song, Yoon Kye-sang, An A-zu
Durée : 110 minutes
Pays : Corée du Sud

Rien de très up pour un drame social qui dénonce le traitement d’une société sur ses aînés en explorant leur solitude confinée. Les premières lignes du film de Je-young Lee peuvent nous laisser présager à une histoire, mais au final elle se perdra derrière ses autres sujets. Le destin de So-young (Yeo-jeong YoonThe Maid), une prostituée de l’âge d’or au début de la fin de sa vie. Une visite en clinique après avoir contractée une gonorrhée. Devant ses yeux, une attaque impromptue d’une inconnue sur son médecin, qui laissera derrière son crime un enfant abandonné. La vieille dame au cœur grand prendra en protection l’enfant, fugueur devant la scène de crime.

Incursion dans sa vie de solitaire, où elle se retrouve entourée d’un voisinage particulier. Une transsexuelle prostituées à la tête forte comme amie et un amputé geek avec lequel elle développera une complicité, sans le sexe – la grand-mère sans gardienne l’utilisera comme gardienne attitrée de l’enfant. Une situation financière précaire. Elle se sert de son corps pour attraper les hommes plus vieux pour lesquels elle s’offrira toute entière dans de minables chambres de motels. La femme a une réputation et attise la jalousie de ses pairs.

Les gens vieillissent et désespèrent. La solitude se fait souvent comme un charge trop lourde à porter après un certain âge dans un société où les vieux d’une classe sociale moins favorisée, sont laissés sans encadrement aucun.

Le petit garçon reprend contact avec sa mère, maintenant derrière les barreaux. Des anciennes connaissances se croisent. La mort fait son entrée comme une Faucheuse venant murmurer à l’oreille des désespérés, les poussant à ne plus continuer. So-young en témoin du désespoir de ses proches amis.

Plusieurs couchent se jouent en même temps sur ce film morose qui donne les bleus. Plus envie de vieillir, plus envie de rien. On est devant le triste spectacle des inégalités, de comment ceux qui non presque plus rien passent à rien. De l’écart trop creusé entre riches et pauvres. De notre triste destinée vouée à vieillir.

Une mise en scène sobre pour traiter de son sujet. Plusieurs moments de rire devant la légèreté de certains instants. Le film ne se composent pas seulement de noir et c’est peut-être dans ses moments de beautés trop fragiles que l’on envisage immanquablement un calme perturbé qui viendra nous blesser. La réalité coréenne de ses enfants laissés en adoption délicatement effleurée. Un pays déchiré par toutes ses histoires de famille qui ne se sont jamais passées. Un pays dont l’histoire l’a déchirée. Film qui s’interroge sur sa Corée du Sud en pleine expansion.

Yeo-jeong Yoon dans le rôle de la vieille femme compose justement un rôle entre la nonchalance, le sérieux de la sagesse et une dose d’arrogance. Un film sans véritable lumière, sinon que de nous rappeler que pour d’autres, la vie sera plus juste, plus facile. Le film nous amène dans les zones de la douleur causée par la compassion. L’exercice fait mal, mais s’avère nécessaire. « Aujourd’hui je vois la vie, avec les yeux du coeur ».

– Dustin Ariel Segura Suarez –