FANTASIA 2016: « THE LURE » nous attire vers lui avec plaisir !

The Lure

Lure

Réalisation : Agnieszka Smoczynska
Scénario : Robert Bolesto
Interprètes : Marta Mazurek, Michalina Olszanska, Jakub Gierszal, Kinga Preis, Andrzej Konopka
Durée : 92 minutes
Pays : Pologne

The Lure, premier coup de coeur à Fantasia qui ressemble plus à un coup de foudre. Histoire de sirènes mangeuses d’hommes qui chantent sur de la musique new waves dans un club de charme. Drame poétique tiré du conte d’Andersen remit au goût du jour. Premier film pour Agnieska Smoczynska. Le Rocky Horror Picture Show croise Les Demoiselles de Rochefort, qui croise Les Chansons d’Amour.

Deux soeurs sirènes sortent de la mer pour rejoindre la scène d’un cabaret érotique. Deux corps en jambes, le sexe en moins, une fois sur terre. Un peu d’eau lancé et paf! les majestueuses queues réapparaissent. Des voix en parfaites harmonies, pour un duo qui trouvent sa force dans son union. Le contact avec le monde extérieur ébranlera l’équilibre du duo. Le bassiste au cheveux dorés séduira la blonde Silver. La brune Gold se mettra en opposition à cette nouvelle relation. Triton en confident, révèlera à Gold les lourdes conséquences de l’échec possible entre l’union d’une sirène et d’un humain : si la sirène ouvre son coeur à l’humain et que celui-ci l’oublie pour en aimer une autre, la sirène se verra transformée en écume à l’aube du mariage de l’homme qui la délaissera. Silver se fout des danger et continue d’aimer. Les spectacles fantastiques des sirènes aux chorégraphies travaillées séduisent. Le parcours amoureux de Silver l’éloignera de Gold, qui elle, restera dans le célibat, sans se priver d’aventure. Le goût de la chair se fait sentir et la pulsion animale des sirènes revit après s’être cachée. Le sang coule. Les amours continuent et Gold change sa queue pour des jambes humaines et un sexe. Le duo ne fonctionne plus. L’opération privera Silver à jamais de sa voix. Les amours s’épuisent et le beau ne posent plus son regard sur la belle. Le tragique des amours passionnels qui ne résistent pas au temps.

L’horreur arrive par moment, les sirènes transformées en monstres sans merci rapidement rattrapée par la sensibilité au coeur fragile qui les habitent, fragmente le film de gore romantique. Une composition de l’image qui se fait dans des contrastes dramatique, par moment en style psychédélique ou d’une lumière trop franche. La mise en scène est travaillée et dès son générique d’ouverture, le pari de nous enchanter est gagné. Chaque chansons chantées se justifient d’exister – une musique accrocheuse qui fait pas dans la merde. Deux actrices qui prennent toute la place à l’écran et sur lesquelles on ne se lassent pas de poser nos yeux. Un ton loin de se prendre au sérieux. L’histoire dégénère derrière les premières couches de sa beauté, pour ramener l’illusion du conte à sa réalité. Mirage de cinéma qui nous emporte par la force de son torrent.

Film unique et d’une extrême beauté.

– Dustin Ariel Segura Suarez –