FANTASIA 2016: THE DARK SIDE OF THE MOON et de la drogue !

The Darkside of the Moon

Moon

Réalisation : Stephan Rick
Scénario : Catharina Junk, David Marconi
Interprètes : Jürgen Prochnow, Moritz Bleibtreu, Nora von Waldstätten, André Hennicke, Nino Porzio

Genre qui se rapproche du film noir, sans policier, et le portrait d’un avocat de pouvoir qui dégringole les échelons des hautes sphères de la société après un mauvais trip de champignons pas si magiques. Un exercice qui manque de finesse, une fin assez banale, mais un objet qui peut se regarder sans ennui. La drogue, c’est mal.

Parlons du titre « Darkside of the Moon ». On pense à Pink Floyd et à leur musique. Un album aux chansons qui observe la fragilité des êtres humains et leurs déviations. Nous avons une psyché complexe capable de nous faire balancer vers la folie et nous mener à notre perte. Le film réinterpréte dans ses mots un voyage vers les bas-fonds.

Avocat qui défend les bonnes causes, Urs (Moritz BleibtreuL’Expérience, Cours Lola Cours) travaille sur le démantèlement d’une fraude en plein milieu pharmaceutique. Vie rangée, il consomme un mariage qui semble heureux en surface. Un scandale causera des éclaboussures, une division de l’industrie, les révélations sont chocs. Un truand, à la tête du détournement d’argent, démasqué. Un suicide au revolver pour le criminel, sous les yeux d’Urs. Une balle fait éclater le cervelet, le sang de la victime vient marquer Urs d’une malédiction. Le sang devra continuer de couler.

Perdu par la violence de cet évènement, Urs entre dans une forêt inconnue pour se perdre. Il abouti en plein milieu d’un marché extérieur et croise Lucille, une fille aux charmes qu’ils ne le laissent pas indifférents. Sa nouvelle flamme porte un t-shirt de Pink Floyd et a la jeunesse des années passées de sa femme. Premier choc. Une crise d’identité l’enflamme. Il ne veut plus continuer d’être l’homme qu’il est. Il n’a plus besoin de consommer le pouvoir et de se baigner dans l’argent. Il veut une simplicité. Lucille est là pour l’éloigner des mirages des faux bonheur amener par une société de consommation. Fuck les beaux chars, fuck les beaux habits. Une escapade chez les amis de Lucille pour y prendre des champignons, questions de planer et d’entrer encore plus en contact avec la nature. La malédiction d’Urs procède. Le trip ne se passe pas comme prévu. Les séquelles permanentes affecteront le calme de sa psyché perturbée à l’extrême.

La psychose se répend et Urs voit un être de haine et de violence s’emparer de sa pensée pour le pousser à commettre l’impensable. Une solution pour se sortir de son mal : retrouver le champignon rare pour le faire analyser et trouver ainsi sa cure – un ami psychiatre en aide. Se traîne en même temps un dossier pharmaceutique aux lourds aspects cachés, dans lequel il devra à nouveau se battre pour dénoncer des vilains résolus à l’emporter sur le bien.

La mise en scène en scène se perd dans un désir de peaufiner parfaitement ses cadrages par une netteté qui ne l’élève en rien. S’y mêlent de nombreuses prises de vues digne d’une annonce de voiture. Le bad trip de champignon a quand même le mérite de nous amener dans cet univers parallèle né de la consommation de drogue, mais on regrette sa trop courte durée – sons isolés, temporalité déformée, images en constants chocs. Moritz Bleibtreu travaille fort à décomposé son personnage qui dérive vers la folie et sa performance permet au film de s’élever. Sabine Rossbach dans le rôle de sa femme, quoique plus discrète se fait remarquer et Jürgen Prochhnow (Das Boot) en vilain est parfaitement vilain.

Le destin de l’homme propre et riche qui évolue dans un milieu aseptisé pour se retrouver salit par la nature qui prend le dessus et se referme sur lui. La psychologie du mal qui peut sommeiller en chacun de nous.

– Dustin Ariel Segura Suarez –